Le Retour de Marçao, jour 10 – Poker et scène de ménage

Cette dixième journée de tournage du film guérilla Le Retour de Marçao doit montrer le quotidien des méchants du film, les Grossovski, autour d’une table de poker. Elle doit également faire prendre à Marçao, notre héros, une décision cruciale pour son couple…

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C’est dans une galerie parisienne que nous avons tourné ces scènes. Retour dans un lieu particulier pour moi, puisque c’est ici, à quelques pas de la place de la République à Paris que nous étions calfeutrés, une douzaine de personnes et moi, pendant les attaques du 13 novembre 2015. Tourner ici m’a servi de catharsis, d’une certaine façon.

La galerie présente deux avantages : d’une part elle dispose d’une vaste salle d’exposition qui nous permet d’installer notre matériel, régie, HMC (Habillage Maquillage Coiffure), etc. D’autre part, nous pouvons profiter de deux salles qui correspondront parfaitement, avec de bons éléments de décoration, aux appartements occupés par Monica et par sa logeuse et sa famille, les Grossovski. Du tout en un !

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Bien que les décors soient parfaits pour cette séquence, l’espace est réduit. Il faut jongler avec inventivité avec les mandarines (les lumières) et les placements de caméra pour changer d’angle, penser les scènes de telle sorte qu’il n’y ait pas tant de changement d’angle que cela justement… C’est le moment que je choisis pour tenter de placer un mouvement de caméra délicat, à bout de bras : je veux qu’on suive un personnage (Tom Hondier, mon assistant personnel, qui a accepté avec gentillesse et une pointe d’ironie de se prêter au jeu) et une femme (la talentueuse réalisatrice Malika Zairi qui m’a fait le plaisir de venir spécialement pour cette scène), qu’on s’arrête avec eux au pied d’un escalier, puis que la caméra suive la femme qui entre dans une pièce, à la fois par un mouvement pivotant, mais aussi en plongée, ce qui suppose de lever la caméra qui révèlera ainsi toute la famille des Grossovski dans un joli plan d’ensemble.

Avec la Bolex fixée sur un glide, ce mouvement n’est pas simple, et on s’y reprend à plusieurs fois, alternativement Amaury Audoin, le chef opérateur, et moi, avant d’obtenir quelque chose d’acceptable. Que la caméra soit instable n’est pas un souci pour moi : le film assume son côté guérilla, et de légers mouvements font partie du style. Parfois, sinon souvent, les plans fixes m’ennuient bien davantage. Mais on ne maîtrise pas tout (et heureusement), et sur la prise la plus réussie de cette scène, le dérushage révèlera une splendide ombre portée du moniteur de contrôle portable, ainsi que l’ombre de la perche son. Un classique…

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(Marie Rahola, « Monica » aussi belle qu’intense. Et un sens de l’humour surprenant, qui ne se lit pas beaucoup sur cette image où elle s’apprête à dessouder Marçao)

Là aussi, j’assume très bien cette erreur : ça fait partie des petits ratés qui donnent un certain charme au cinéma !

En une journée, nous parvenons à tourner toutes les scènes que nous souhaitons : une partie de poker, deux confrontations musclées entre Marçao, Olga Grossovski (la somptueuse Audrey Lange) et son frère psychopathe (Sébastien Le Rest, iconique), une scène de couple adorable autour d’un plat de pâtes, un dialogue « post love » entre Marçao et Monica, et une scène de ménage. Le cinéma guérilla, c’est de l’optimisation du temps.

Mission accomplie !

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Journal d’un film guérilla, jour 9 – Dîner de famille

Pour ce 9ème jour de tournage, nous profitons de la générosité d’une famille amie de la productrice, Véronique, et de leur splendide maison en banlieue est. La scène que nous allons tourner est un repas familial. Les enjeux de mise en scène sont classiques : comment rendre dynamique et vivante une situation foncièrement statique ?

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(Marçao au petit déjeuner. Chocolat chaud, céréales, cocktail au curaçao. Cheers !)

Trop de texte tue-t-il le texte ?

Dans Le Retour de Marçao, la « scène du dîner » est une séquence clé : d’une part elle présente la famille du héros, Marçao, et permet de situer le personnage dans un contexte à la fois cohérent (il est en opposition avec ses parents et son frère, et doit donc affirmer son destin malgré eux, ce qui constitue un ressort classique de la comédie), et absurde : la famille de Marçao est complètement barrée. Genre son frère jumeau est black.

Scène d’exposition donc, mais également l’une des étapes charnières dans l’épopée de Marçao, puisqu’à l’issue de celle-ci notre héros doit totalement revoir ses plans, et prendre une décision lourde de conséquences. Autrement dit : il faut faire passer beaucoup d’informations dans cette séquence.

Comme à l’opéra

J’avais construit cette scène comme un récitatif d’opéra : on donne des informations qui font avancer l’intrigue entre deux scènes fortes, deux aria. Il s’agit d’un film sur la musique, ça pouvait passer. Par ailleurs, en « surécrivant » la scène, je pouvais éventuellement scier du texte au montage sans perdre d’information essentielle.

Et c’est ce qui s’est finalement passé : il est difficile de rendre dynamique une scène où tout le monde est assis. On peut parsemer des gags ici ou là, des jeux de mots, des astuces de scénario comme des injections d’absurdité (la voie que j’ai choisie). On peut aussi compter sur des personnages très forts, qui maintiennent l’attention en tant qu’eux-mêmes, presque au détriment de l’histoire : ce qui comptera alors, ce seront les personnages, davantage que ce qui leur arrive. Pensez à Ocean’s 11 (façon Soderbergh, mais également l’original du Rat Pack). On peut aussi multiplier les angles de vue dans l’idée d’un montage ultra cutté (mais je n’avais pas beaucoup d’options dans ce sens, contraint par l’espace de la salle à manger) avec le risque que la scène tourne à la démonstration de mise en scène.

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(Une autre scène à table : toute l’équipe vous souhaite un bon appétit)

Au final, c’est donc par des coupes dans le texte que nous sommes parvenus à un montage plus punchy. Il faut alors faire confiance au spectateur pour qu’il comprenne bien les enjeux des personnages, et surtout penser à répéter les éléments essentiels du scénario plus tard ! Mais on ne peut pas tout avoir : à la fois une scène fluide et vivante dans un contexte où les personnages ne bougent pas, des dialogues suffisamment percutants pour donner de l’énergie pendant toute la durée d’une séquence longue, caractériser plusieurs personnages d’un coup, et en même temps infuser des informations essentielles à la compréhension de l’histoire ! Il faut faire des choix : à quoi sert la scène en priorité ? Puis, comment la rendre vivante ?

Vous me direz 😉

 

 

Tournage d’un film guérilla, jour 8 : la danse de Monica

Cette 8ème journée de tournage du long métrage indépendant « Le Retour de Marçao » est une scène de danse. Comment la chorégraphier ? Comment atteindre les objectifs d’une scène à la fois drôle, décalée, voire absurde, et qui fasse également avancer l’histoire ? Grâce, en partie, à l’improvisation.

Une danse qui jongle entre flamenco et musique bavaroise

Dans le scénario du film Le Retour de Marçao, le personnage féminin principal est un peu étrange, au moins autant que le héros lui-même : Monica est une jeune danseuse des pays de l’est (on ignore précisément lequel), qui a la particularité d’être sourde et muette. Pas simple pour une danseuse. Mais tout l’art de Monica vient de sa capacité à ressentir les vibrations de la musique. Il faut donc la montrer en train de danser.

Bon, ce film est une comédie : une scène de danse avec un personnage aussi absurde ne peut qu’être l’occasion d’un bon délire. En l’occurence, Monica a mis au point une danse à sa mesure : un subtil mélange de flamenco et de bourrée allemande, deux disciplines réunies autour du terme de Flamenküche.

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(oui Marçao, du Flamenküche)

Mais ce n’est pas tout : l’objectif est ici de montrer tout le sérieux de Monica, malgré ce contexte qui ne l’avantage pas. Marie Rahola, la comédienne qui a accepté de se livrer au jeu, ne semblait pas très à l’aise au moment des répétitions. Il faut dire que nous lui avons demandé de singer le flamenco, tout en y insérant des pas de danse à peu près bavarois, le tout en gardant son plus grand self control. Le personnage qu’elle interprète doit montrer toute sa conviction dans son art. Monica est une artiste incomprise, mais tenace, pendant féminin de Marçao dont elle partage la passion pour son art propre malgré l’absence de succès.

Il faut donc que Marie dépasse le ridicule complet de la scène et de son personnage. Il faut qu’elle accepte de se montrer fière, déterminée, livrée à sa danse corps et âme. D’autant plus que la musique flamenca est une musique elle-même plutôt fière, complexe, tendue et souple à la fois, mais qui inspire un certain sérieux, une certaine concentration, brûlante et tragique. Là-dessus, il faut insérer des moments « bavarois », à base de secouage de couettes et de jeux de jambes binaires…

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(Monica et Marçao. Ah l’amour.)

Le regard froid et concentré de Marie sur les prises est une vraie réussite. Elle oblige le spectateur à dépasser lui-même le gag du jeu de mots, à aller voir plus loin que le mélange grossier entre flamenco et bourrée bavaroise, et à s’interroger, peut-être : l’oeuvre de l’artiste n’est-elle pas davantage dans ce qu’il en assume que dans le résultat de son travail ? « Tout artiste est un révolté parce qu’il a le désir de changer le monde », disait en substance Albert Camus dans L’Homme Révolté. Monica, à sa façon, s’affranchit de tout préjugé pour explorer un univers jamais visité. Elle y va avec tout son coeur au mépris du ridicule. C’est une véritable artiste. Bravo à Marie d’avoir si bien réussi à le rendre à l’écran ! Je revois certains de ses regards en gros plans, et toute la magie d’une artiste que son art habite profondément, violemment, comme un combat. Finalement, cette scène est une vraie mise en abîme du film !

Comment danser sans musique ?

Autre enjeu de la scène : je n’avais pas, au moment du tournage, la bande son définitive pour cette scène. C’est Louis-Julien, un ami excellent guitariste de flamenco, qui acceptera d’enregistrer a posteriori la musique. Mais au moment-même du tournage, il a fallu faire sans. J’ai donc pris pour guider Marie la musique que j’avais envoyée à Louis-Julien afin qu’il prépare sa composition de son côté : un très bel extrait du maître absolu du flamenco, Paco de Lucia.


(Paco de Lucia, Bulleria – Notre musicien Louis-Julien N. produira une improvisation très proche de ce morceau, pour notre grand bonheur)

Tandis que la musique du virtuose espagnol tournait en boucle pour que Marie soit dans le rythme, j’ai confié à un comédien atypique le rôle du guitariste qui l’accompagne, humblement reclus dans un coin de la scène. Lui-même est guitariste, mais pas de flamenco. Il a donc fallu qu’il fasse semblant (magie du cinéma), de telle sorte qu’au montage on puisse caler autant que possible le mouvement de ses mains sur la musique de Louis-Julien. Plans rapprochés, voire serrés, plans larges, angles cassés pour simuler l’intensité de la musique, plans du visage concentré… en multipliant les plans, on se laisse un maximum de chance au montage.

La projection du spectateur dans le regard du héros

L’idée de dépasser l’absurdité d’une pure création passait selon moi par le témoin. Ce témoin est très utile : il permet de guider les émotions du spectateur. Si ce témoin semble ému, alors le spectateur pourra l’être, ou comprendra intuitivement qu’il doit l’être. C’est l’empathie : si la scène est bien faite, on oublie les rouages techniques et on consacre son attention aux émotions, primordiales.

C’est donc dans le regard de Marçao que l’émotion du spectateur va se cristalliser. Auguste Dumay, notre Marçao, a joué le jeu a fond : le regard qu’il porte a Monica dépasse l’admiration. C’est un amour gourmand, pour ne pas dire dévorant, qu’il exprime ici. Cette dévoration s’exprime d’ailleurs par un trait de génie au moment du tournage : nous avons été reçus par les propriétaires d’un restaurant à Brie-sur-Marne, par l’intermédiaire d’un ami commun, lequel avait préparé pour l’équipe de délicieux Pasteis de Nata, les fameuses pâtisseries portugaises. Auguste en a saisi un, qu’il engouffre dans sa bouche tout en fixant Monica, avec une avidité lubrique qui le déborde.

Double avantage : le regard de Marçao sur Monica nous permet de nous projeter à sa place, et d’admirer la danseuse avec lui. Mais également, c’est Marçao qui devient le personnage absurde de la scène, et non plus Monica.

Le souvenir de cette dernière prise où Auguste s’empiffre est magique : toute l’équipe avait du mal à retenir un fou rire. Au moment du « coupez », c’est une vraie explosion joyeuse qui nous a libérés. Et une des scènes les plus drôles du film. Grâce à cette improvisation, donc je remercie Auguste !

Allez, une recette de pasteis de nata, pour les gourmands 😉

pasteis de nata

Cocktail Time ! Epatez vos amis avec un « Marçao 2791 » 🇧🇷🍸 La recette illustrée

Plus connu sous son nom courant de cocktail « Marçao », cette préparation raffinée a une origine confuse : inventé sur le plateau-même du film en plein tournage, le cocktail Marçao devait réunir trois conditions essentielles :
– être facile à préparer
– réunir des ingrédients aux couleurs du Brésil
– être un régal pour les papilles (et les mamilles).

C’est en faisant appel au meilleur barman du coin (nous étions à Bry sur Marne, autant vous dire que la concurrence était rude), et avec l’aide de toute l’équipe, que le Marçao a donc été créé. On voit d’ailleurs ce cocktail dans le film, préparé et savouré par Marçao lui-même, au réveil, comme il se doit.

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Pour le réaliser vous-même et recueillir l’admiration de vos amis, voici la recette pas à pas. Attention, il est important de choisir les meilleurs produits (suivre les conseils de notre barman), et surtout de bien respecter les doses afin que l’équilibre subtil du cocktail soit conservé, et délivre tout son potentiel de fraîcheur et de suavité.

  • Un trait (à discrétion du barman) de boisson énergétique bleue quelconque (nous avons essayé avec du Powerade Grand cru, Monoprix 1,09 €)
  • Une bonne lichette Get 27 pour le vert (Auchan, bouteille de 70 cl à 12,84 €)
  • Une giclée gourmande de jus d’ananas récolte tardive pour le jaune (Simply Market 2,52 €/l)
  • Ajouter une rondelle d’ananas pour le soleil, et vous y êtes.

Bonne dégustation ! N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques, et des réactions de vos amis 😉
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PS. Vous vous demandez sûrement pourquoi le cocktail porte le numéro 2791 ? Vous vous dites que c’est parce que sa recette parfaite a été réalisée après 2791 essais ? Du tout : c’est une facétie du barman qui, pour distinguer le cocktail du nom du personnage et de la bière du même nom, a ajouté son code de carte bleue. Il fallait y penser.

 

Le Retour de Marçao, film guerilla. Jour 7

Au 7ème jour je ne sais pas ce que vous avez fait vous, mais nous, contrairement à d’autres, nous ne nous sommes pas reposés : l’équipe du film est fatiguée, et pourtant elle tourne ! A Paris, en l’occurence dans le 5ème arrondissement et sur les quais de Seine.

La première partie de cette journée de tournage concerne ce qui devait être la toute première scène du film, la première apparition de Marçao à l’écran. C’est une scène que j’ai ajoutée par la suite, et qui s’inspirait royalement de la séquence d’introduction, d’une mélancolie splendide, de Breakfast at Tiffany’s (Diamants sur Canapé), avec Audrey Hepburn. L’idée était de profiter de l’entrée en scène de Marçao par un frisquet (mais lumineux) matin parisien, pour faire un clin d’oeil au film de Blake Edwards.

Quelques différences malgré tout (« tu m’étonnes », vous entends-je me dire, et je ne peux vous donner tort) :
– Au lieu d’une bijouterie new-yorkaise, Marçao s’arrête devant une agence de voyage qui propose des vols pour Rio.
– Marçao ne sirote pas un café ni ne mange un croissant, comme Audrey son alter-égo absolue, mais avale un coca en engloutissant une part de pizza.
– L’élégance d’Audrey Hepburn se traduit chez Marçao par un look parfaitement improbable…

Au montage, cette scène sera coupée. Peut-être la verra-t-on dans la bande annonce. A suivre 😉
Je veux en tout cas remercier l’équipe de l’agence de voyage Huwans pour son accueil et sa gentillesse ! Ce fut un voyage en soi.

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(Où l’on retrouve de droite à gauche Elodie, Kiem, Damien, Auguste, Hugo et votre serviteur, Bertrand)

La seconde partie de la journée de tournage s’est déroulée sur les quais de la Seine. C’est une scène charnière, puisque Marçao, perdu dans ses pérégrinations et ses désillusions, implore Seu Joao, son idole qui vit à Rio, de lui venir en aide. C’est alors que… Vous vous souvenez de la 2ème journée de tournage, sur fond vert ? Tout se recoupe ! Je ne vous révèlerait pas ce qui se passe, mais j’espère que ça vous surprendra 🙂
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Notre chance fut de profiter d’un temps incroyablement clément en cette journée d’octobre. Si bien que nous conservons la sensation que le film se déroule en été, et ça, c’est un sacré coup de bol.

Allez, la suite très vite ! Et mollo sur la caïpi.

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Le Retour de Marçao à Montereau – jour… 6, probablement

Bon, hormis les anecdotes sur la création des chansons et les figurants aussi sympa que motivés, il y a plusieurs événements qui ont marqué ces 3 jours de tournage à Montereau. Je vous les livre dans le désordre.

1- Monsieur L., un entrepreneur qui suivait discrètement l’aventure de Marçao depuis ses débuts, nous a gentiment affrété un bus pour revenir sur Paris de nuit. Mais attention : v’là le bus de rock star, quoi :
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La classe internationale, non ? Un rang par personne au moins. Merci Monsieur L. !

2- Monsieur L. était venu voir comment se passait le tournage parce qu’il aime beaucoup Auguste Dumay, notre Marçao. Et comme manifestement le déroulement film sur le plateau lui a plu, Monsieur L. nous a aidés à faire le film dans de meilleures conditions en participant financièrement à sa production. Aussi généreux qu’inattendu, mais c’est la magie du cinéma. Là encore, un grand merci ne suffirait qu’à peine à traduire l’émotion que ce geste a produit en moi.

3- Nous avons invité des copains à participer en tant que figurants ou silhouettes parlantes. Des rôles d’agents de sécurité, par exemple, à l’entrée de la salle de concert, ou dans la salle. Ils ont assuré dans ces rôles de composition, comme en témoignent ces photos, parce qu’ils y ont l’air patibulaire mais presque, alors qu’ils sont proprement adorables !!! Merci Elodie, Elisa et Louis 🙂

4- En parlant d’Elisa et d’Elodie, l’idée me plaisait assez d’avoir comme agents de sécurité de la salle des femmes plutôt que des hommes, et qu’elles soient supercutes. Parce que j’aime bien confronter les acteurs à des rôles à contre emploi, et parce que j’aime bien inverser les codes parfois. Et voir Elisa tenir tête aux Grossovski, et les mater d’un regard, je trouvais ça hyper classe !
Pour la petite histoire, Elodie devait assurer tous les rôles de sécurité. A nouveau, l’idée d’un même personnage présent de façon impossible à plusieurs endroits me séduisait. Mais Elodie ne pouvait pas venir sur les 2 jours prévus. Elle m’a présenté Elisa en me disant qu’elles étaient quasi-jumelles. Mais surprise… pas du tout. Enfin pas des masses. En revanche, l’idée que la même agent de sécurité soit différente d’un plan à l’autre, ça oui ! Top les filles, vous avez assuré.
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(Je sais Elisa, tu n’aimeras pas cette photo, mais tu es tellement dans le rôle ^^)

5- Souvenir d’un super dîner avec Tom, mon assistant réal, un futur grand du cinéma. Ca fait plaisir de bosser avec quelqu’un d’aussi sympa, motivé et efficace. Cheers mate !
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6- Je n’ai pas de photos de l’équipe technique qui nous a accueillis à Montereau pendant 3 jours, sous la responsabilité de Rudy Bousquet. Mais je tenais à les remercier ici, en vous copiant un extrait de la lettre que j’ai envoyée au maire de Montereau :

    Nous ne pouvons que saluer le professionnalisme de Morad Hachemi, Philippe Michon, Antoine Martin, Jean-Claude Scaleggi et Daniel « Gazou » Vaique. Bien sûr, il n’y a de grande équipe que de meneur respecté. Je tire donc mon chapeau à Rodolphe Bousquet, tout particulièrement.

7- Les spécialistes du Rock n Roll francophone repèreront sûrement à l’image Monsieur Manu Baroux, guitariste de groupes comme Aston Villa, Axel Bauer, Matmatah… Rien que ça. Non seulement Manu a arrangé la chanson de Marçao, « Monica Song », mais il a joué le jeu du guitar hero sur scène, et c’était way cool. 🤘

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Allez, c’est tout pour aujourd’hui ! Take care kids, et stay funky.

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Le Retour de Marçao : Jour 4, 5, 6 suite – Fume dans les toilettes

La scène du concours de musique que nous avons tournée à la Salle Rustic de Montereau (77) supposait qu’on fasse jouer différents groupes. Il y a deux anecdotes que je voudrais vous raconter à ce sujet.

La première concerne les figurants que l’on voit faire la queue pour entrer dans la salle. Parmi eux, on reconnaîtra peut-être les membres du groupe qu’on voit au tout début du film, lorsque Marçao se promène sur les quais de la Seine, et avec lequel il interprète Captain Seu pour la première fois à l’écran. Ce sont les musiciens de Hero Of The Day, un chouette groupe qui m’a fait l’amitié de venir jusqu’en Seine-et-Marne pour le film.

Pour le clin d’oeil, je trouvais amusant qu’on les retrouve à travers le film. Une sorte de cameo gagesque dont l’objectif est de titiller la curiosité du spectateur, et d’insister sur le côté absurde du film, une absurdité finalement assez en phase avec le monde, non ?

La seconde anecdote concerne le groupe qui joue sur scène au moment où (attention spoiler) Marçao parvient à entrer dans la salle. Que je vous explique…

 

  • La salle de concert est à Montereau. A chaque que je dis que j’ai participé à la création du festival de Montereau on me répond « Montreux ? Mais c’est super connu ! ». Sauf que Montreux est en Suisse et a été créé bien avant ma naissance.
  • Smoke on the Water, la célèbre chanson de Deep Purple, raconte l’incendie du casino de Montreux lors d’un concert de Franck Zappa.
  • Alors je me suis dit : 1+1=2, écrivons une chanson hommage et parodique ! Et voici comment « We all came out to Montreux », premiers mots du tube interstellaire du Violet Profond devient « On est allés à Montereau », et comment l’incendie du casino devient l’incendie de la salle Rustic, tout ça parce qu’un type… fume dans les toilettes (smoke on the water, si l’on veut bien accepter de mal le traduire).

Merci à Timothée Boeda Binant et à son jumeau cosmique Loïc Bétems de s’être prêtés au jeu, et d’avoir accepté d’être les Dick People, alternative loufoque du Deep Purple.
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Et parce que les faux raccords sont trop évidents à l’image, voici les paroles complètes de la chanson. Vous l’aurez voulu.
Et pour ceux qui auraient l’air de l’originale en tête, eh bien… amusez-vous 😉

On est allés à Montereau
Entre la Seine et l’Yonne
Pour enregistrer un morceau
Avant que tout déconne
Un poster de Frank Zappa
Accroché dans les cabinets
Je l’ai roulé pour me faire un joint
Mais j’ai tout fait brûler

Fuuuume dans les toilettes
Mon feu dans la cuvette

Toute la salle de spectacle en feu
Les gens partout qui criaient
Qui pleuraient et qui brûlaient
Et moi je planais déjà un peu
C’était stupide de ma part
Mais je n’avais plus de papier
Il fallait bien que je serve l’art
Déjà que j’étais venu à pied

Fuuuume dans les toilettes
Mon feu dans la cuvette