Marçao Jour 4 – Montereau, le retour

En fait, jours 4, 5 et 6 d’affilée. Nous sommes de retour à Montereau-Fault-Yonne en Seine-et-Marne. Car non seulement la mairie nous a fait l’honneur de nous autoriser à monter sur la scène du festival Montereau Confluences pour tourner la dernière scène du film, mais en plus elle nous prête sa salle de spectacle, la salle Rustic, pour tourner sur 3 jours l’une des scènes les plus importantes du Retour de Marçao : la scène centrale, celle à partir de laquelle tout bascule. Et comme Marçao est un musicien, c’est assez logiquement lors d’un concert que tout va se jouer.

Une vraie salle de concert… rien que pour nous

La salle Rustic est magnifique, avec ses 400 places assises, 1000 debout, et sa grande scène. Nous sommes accueillis par l’équipe technique que je connais bien, puisque c’est celle qui bosse aussi sur le festival Confluences. Ca fait plaisir de les revoir, et leur énergie et leur amitié me vont droit au coeur.

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(Fabrice Colson a revêtu son T-Shirt Collector pour le tournage 😉 Merci Véronique Sanchez pour la production et l’habillage !)

Notre programme est chargé : il y a de nombreuses séquences à tourner. D’ailleurs on va en oublier deux. La première, nous la tourneront par la suite de façon un peu rocambolesque, derrière une poubelle, pour finalement la couper au montage (la magie du cinéma). La seconde, on la rattrapera avec une pointe de créativité, et un cadrage serré, lors d’une autre journée de tournage, bien plus tard.

Mais bref : il faut qu’on film un concert. En fait, un concours de musique type Nouvelle Star. Pendant ce concours, Marçao va monter sur scène, et tout va basculer. Autant vous dire qu’on n’a pas intérêt à se louper. Mais l’équipe est au complet, tous les étudiants qui m’accompagnent sur ce projet délirant sont là, les comédiens arrivent peu à peu (dont Fabrice Colson, plus ponctuel que jamais, il faut dire qu’il habite à côté). On nous a même affrété des mini vans pour rallier Montereau depuis Champigny et ça c’est la classe. Tout est donc prêt pour mettre en boîte une belle scène de concert.

Tout ? Non. Car sur les 50 à 100 figurants initialement prévus, seuls une poignée a finalement pu être recrutée. Une poignée d’une douzaine (ce qui fait beaucoup de doigts, ça je vous l’accorde). Mais cela ne me désarçonne pas, au contraire : je prends ce manque de troupe pour un double challenge de réalisateur.

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(Donner l’illusion de la foule, sans foule…)

Deux challenges de réalisateur

1er challenge : je me souviens de mon ami Eric Senabre me parlant de son film préféré, Excalibur. Il me disait notamment que la magie du film tenait à ses scènes de bataille, durant lesquelles un tout petit nombre de combattants donnaient malgré tout l’illusion d’une féroce baston et d’une armée aux rangs nourris. Ca m’a marqué et j’y ai beaucoup pensé pour tourner cette séquence de concert. Comment donner l’illusion de la fouler quand il n’y en a pas, de foule ? Plans serrés, contre-jours, il allait falloir ruser, mais c’est ce que je préfère dans le fait de faire des films : trouver des solutions artisanales aux problèmes de cohérence. Et franchement, je suis plutôt fier et satisfait du résultat !

2ème challenge : j’ai 12 figurants pour donner à la fois l’illusion d’un public nombreux, mais aussi pour signifier un nombre important de participants au concours ! Ca implique que les musiciens qui participent et les spectateurs… sont les mêmes. En terme de cohérence justement, on est mal. Par ailleurs, plusieurs scènes montrent l’entrée dans la salle à des moments différents… mais je ne peux pas multiplier les figurants, et chacun est obligé de passer plusieurs fois par l’entrée. Ce qui implique qu’on va revoir les figurants à différents endroits aux mêmes moments, mais aussi à des moments différents.
Je crois que c’est en pensant à ce problème que j’ai réalisé à quel point Marçao devait basculer dans l’absurde. A quel point il y était déjà, en fait, mais qu’il fallait désormais l’assumer. On a après tout un personnage qui parle à son ukulele, et qui dialogue sans problème avec une jeune femme sourde et muette. Il était temps d’enfoncer le clou. Et revoir les mêmes figurants à des endroits différents et de façon impossible ne me choquait plus. Au contraire : cela insistait sur la dimension poétique du film. Je comptais aussi sur l’action elle-même : si le film est bien fait, le spectateur est amené à attacher son attention sur l’action et non pas sur ce qui l’entoure, qui devient simplement un contexte, un décor qui habille avec sens. Vous me direz si sur ce point j’ai réussi mon coup… Quoi qu’il en soit : MERCI A TOUS LES FIGURANTS !!

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Les figurants ont été présents, et géniaux !!

Bon, je me souviens aussi d’un documentaire sur Kubrick où on explique que le réalisateur a parsemé ses films de personnages récurrents en seconds plans. Je n’en suis pas là non plus, mais j’aime assez cette référence.

Pour la petite histoire, j’ai même recruté certains membres de l’équipe pour des rôles plus visibles, comme Amaury, le cadreur, qui oriente la poursuite de lumière sur la caméra pour assurer une transition idéale avec la chanson de Marçao. Qui filmait alors ? Hugo. Qu’on voit ensuite danser pendant la chanson de Marçao, à la place qu’occupait Amaury, qui filmait… vous avez suivi ? Peut-être vous amuserez-vous à repérer tous ces petits détails, et peut-être le film prendra-t-il à vos yeux une autre tournure !

Allez, d’autres anecdotes du tournage demain, pour la suite de cette séquence capitale ! 😉

PS. Je crois que les photos sont d’Elodie Chambrillon. Pas sûr. Si c’est quelqu’un d’autre dites-le moi ceux qui savent !)

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