Enemy : derrière un scénario qui semble plat, une vraie puissance narrative

Ce titre aurait pu être en soi une critique intégrale 😉 Mais ça aurait été passer à côté de l’essentiel du film, à savoir son explication. Je ne vais pas vous la livrer ici, mais vous renvoyer plutôt vers celle de Cinérama, qui à mon avis est la plus complète et la plus juste.
enemy denis villeneuve jake gyllenhaal

Pitch – spoil de Enemy, de Denis Villeneuve

En résumé, Enemy, film de Denis Villeneuve (Incendies, Prisoners), est une plongée dans la psyché du personnage principal interprété par Jake Gyllenhaal, acteur de seconde zone, dont les fantasmes d’adultère se matérialisent à la fois par l’illusion d’un alter ego et par la symbolique de sa vision des femmes en araignées.

Enemy est d’une beauté factuelle maîtrisée

Le choix de cette lumière pâle, beige, le cadrage, le mouvement de la caméra, les décors, le son, tout est beau. Tout est vite froid, aussi, et le malaise est rapidement concret. Mais le malaise seulement. Ses raisons, en revanche, restent obscures trop longtemps. Si bien que si on ne chope pas rapidement la symbolique saupoudrée avec précision, on passe totalement à côté du film. Dommage. N’oublions pas cependant que ce film poursuit une oeuvre. Il faut le voir comme une étape supplémentaire après Incendies (génialissime) et Prisoners (Pasmalissime).

En revanche, plusieurs éléments m’aident, moi, pour mon propre film.

(Je vous en dis plus après cette bande annonce. Stay Tuned)

Je travaille sur une histoire dont l’une des dimensions relève du mythe. Des personnages à priori normaux se retrouvent portés par des enjeux pas toujours conscients mais bien supérieurs à eux. Ils deviennent les proies d’une mystique qui les dépasse. Comment formaliser ça ?

Un plan précis dans Enemy m’a fait comprendre comment, peut-être, faire passer cette idée. Jake Gyllenhaal chez lui tire les lourds rideaux de sa fenêtre. Le mouvement est central, symétrique. Les rideaux tombent lentement, pesamment. L’image m’a semblé ralentie. Cette symétrie et cette lenteur, le fait que l’acteur quitte le champ, cela évoque un tempo qui le dépasse, qui n’est pas le sien, qui vient de plus loin (ici, de son inconscient, de son cerveau malade, etc.) Le côté Rideaux de théâtre aussi.

Je me le note dans un coin bien au chaud.

Une réflexion au sujet de « Enemy : derrière un scénario qui semble plat, une vraie puissance narrative »

  1. Ping : Tenir un blog sur la fabrication d’un film indépendant (et s’y tenir) | Cinema Scenario

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s