A la Recherche du Bonheur

The Pursuit of Happyness, film de Gabriele Muccino* (2006), avec Will Smith, Jaden Smith, Thandie Newton… (la faute d’orthographe du titre est volontaire), est un film assez déroutant.

Bonheur = $$$

S’appuyant sur une histoire vraie, Gabriele Muccino raconte comment Chris Gardner affronte sa vie qui lui échappe pour devenir courtier, et donc, super riche.
C’est en voyant un courtier garer sa Ferrari devant une banque que Chris Gardner, jusque là vendeur de scanners, se met à rêver à une vie meilleure. Le cadre est posé : le bonheur tant recherché passe nécessairement par l’argent.

En ceci, A la Recherche du Bonheur est un pur produit américain, symptomatique d’une société qui valorise les self-made men, les gagnants, c’est-à-dire les meilleurs. Être second n’est pas une option. Une phrase symbolise cette philosophie très eighties : « ne prenez aucun risque : visez 100 % (de réussite à l’examen) ». 99 % est un échec.

L’important ce n’est plus l’histoire…

a la poursuite du bonheur will smithC’est donc avec une grande naïveté que Will Smith affronte les mille difficultés de sa vie : la dure réalité des représentants de commerce ; la séparation avec une femme qui, très logiquement, le quitte parce qu’il ne gagne pas assez d’argent ; le cynisme des nourrices qui s’autorisent tout dès lors que des parents ont un retard de paiement ; les propriétaires qui en ont assez d’être humanistes face à des loyers impayés ; les impôts qui grèvent votre compte en banque sans vous en avertir préalablement ; la police qui se moque que votre fils reste seul à la maison si vous ne payez pas vos contraventions ; etc.

Tout est mené par l’argent. Les gens heureux sont bien habillés, sourient à la vie dans leurs costumes bien coupés, se retrouvent dans les loges VIP des matchs de football, et s’entraident. Voire, généreusement aident les pauvres, alors que les pauvres se volent entre eux.
Il faut donc être riche pour réussir. Pour prouver qu’on a réussi.

Signe extérieur de bonheur

Reste une dimension fort intéressante : si le succès est possible aux USA pour qui retrousse ses manches et est prêt à se battre pour être le meilleur, ceux qui échouent ne sont pas pour autant dénigrés. Le cinéaste ne néglige pas les très grandes difficultés, la profonde précarité des laissés pour compte, des SDF. Le film ne tait pas à quel point ne pas avoir d’argent met des files entières de sans abris en galère, de logements précaires en cantines sordides.

C’est donc avec une touchante honnêteté qu’A la Recherche du Bonheur décrit une société américaine centrée sur l’argent, ce que l’argent permet, ce qu’il empêche, et à quel point il est vital de mettre l’argent au centre de sa vie.

Un public européen qui attendrait un autre enjeu du film pourrait tenter de convertir le symbole de la Ferrari en ce qu’il veut : un objectif de réussite humaniste, personnel, artistique… peu importe. C’est difficile, le film n’est pas un symbole, il est tiré d’une histoire vraie, et sa morale est simple : bonheur = argent. Mais pourquoi pas.

En quoi ce film m’aide dans mon projet ?

L’écriture du film est fluide. En s’appuyant sur une structure simple, chapitrée à l’extrême (un narrateur donne en voix off l’impulsion de chaque chapitre, au cas où on n’aurait pas suivi), permet de s’intéresser à autre chose : la société, le contexte.

*Oh ! Gabriele Muccino a également réalisé 7 vies avec Will Smith, Souviens-toi de moi avec Laura Morante…

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